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Devises : le dollar plombé par de mauvaises « stats » américaines

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Le dollar américain a subi de nouveaux dégagements, jeudi, face à un panier de devises mondiales, après la publication de nouvelles statistiques moroses aux Etats-Unis, signalant notamment un ralentissement du marché de l'emploi outre-Atlantique.

En soirée, l'euro progressait de 1,1%, à 1,1204$, après avoir déjà grimpé de 1,7% mercredi. La devise européenne retrouve ainsi ses plus hauts niveaux depuis plus de trois mois, fin octobre 2015, alors même que le président de la BCE, Mario Draghi, a indiqué que de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire seraient prises lors de la réunion de mars de la BCE.

La BCE poursuivra sa lutte contre le risque déflationniste

Jeudi, M. Draghi s'est une nouvelle fois inquiété du manque d'inflation au niveau mondial, estimant que "le risque d'agir trop tard l'emporte sur le risque d'agir trop tôt". Répondant implicitement à des critiques venues d'Allemagne sur sa politique ultra-accommodante, Mario Draghi a estimé qu'il n'y a pas de raison de renoncer à relancer les prix, "simplement parce que nous sommes tous affectés par un phénomène mondial de désinflation".

En janvier, les prix à la consommation ont progressé de 0,4% en zone euro, un peu plus vite qu'en décembre (+0,2%), mais ils restent à un niveau très éloigné de l'objectif d'environ 2% de la BCE. Surtout, l'inflation menace de rechuter en territoire négatif dans les prochains mois, à mesure que se répercutera la récente rechute des cours du pétrole sur les prix des biens et des services.

Ce jeudi, la Commission européenne a revu en baisse ses prévisions de croissance et d'inflation dans la zone euro. Elle vise désormais une croissance de 1,7% (contre 1,8% auparavant) en 2016, et de 1,9% en 2017 (inchangé). Quant à l''inflation, elle se limiterait à seulement 0,5% cette année puis à 1,5% en 2017, contre respectivement 1% et 1,6% anticipé jusqu'ici...

L'économie américaine donne des signes de faiblesse en début d'année

Aux Etats-Unis, la publication d'une série de données macro-économiques décevantes a fortement pesé sur le cours du dollar cette semaine. L'activité a flanché en janvier, dans le secteur manufacturier, mais aussi dans les services, tandis que le marché de l'emploi a lui aussi donné des signes de ralentissement.

Les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage, publiées jeudi, ont augmenté de 8.000 la semaine dernière, à 285.000. Le consensus tablait sur un chiffre un peu inférieur, de 280.000.
Par ailleurs, les annonces de licenciements ont fortement progressé en janvier, remontant à 75.114 salariés, contre 23.622 en décembre, selon la dernière étude de la firme Challenger.
Toujours sur le front de l'emploi, la productivité a baissé plus que prévu au 4ème trimestre et les coûts unitaires du travail ont augmenté plus que prévu.

Par ailleurs, les commandes industrielles ont chuté de 2,9% aux Etats-Unis en décembre par rapport à novembre, contre -2,8% de consensus de place et -0,7% en novembre (chiffre révisé).
Vendredi, le marché prendra connaissance des chiffres complets de l'emploi américain en janvier. Le nombre de créations d'emplois devrait revenir sous les 200.000 pour la première fois depuis septembre 2015, selon le consensus. Un chiffre plus mauvais que prévu serait de nature à affaiblir encore davantage le dollar.

Face à ces signes de ralentissement, les investisseurs estiment que la Fed devrait ralentir le cycle de hausse des taux, qu'elle a démarré en décembre dernier par un premier tour de vis d'un quart de point. Les marchés parient désormais sur un statu quo de la Fed pendant plusieurs mois, le temps d'analyser à quel point l'économie américaine va freiner sous l'effet de la crise pétrolière et du ralentissement chinois...

A l'occasion de la hausse des taux du 16 décembre dernier (la première hausse depuis près de 10 ans), la Fed avait laissé entendre qu'elle procéderait à 4 autres gestes du même type en 2016. Désormais, les investisseurs ne tablent plus que sur deux, voire sur une seule nouvelle hausse des taux directeurs cette année.

 

source: boursier.com